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     Les femmes algriennes soufies : Une mmoire dans loubli

             
    chikh




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    : 11/04/2008

    : Les femmes algriennes soufies : Une mmoire dans loubli    20 2008 - 2:19

    Le cas de Lalla Zeineb de la zaoua rahmaniya dEl Hamel de Bou-Sada (1863-1905)

    Sur llection du lieu, la lgende et lhistoire se
    relaient et se confondent pour nous donner une des plus belles histoires de fondation de cit musulmane : au commencement, au VIIIme sicle de lhgire (XVme), le saint, mrabit Ben Ayoub, venus avec ses compagnons de la saquiyat el Hamra aprs avoir t chasss dAndalousie, erraient dun lieu un autre pour diffuser la foi musulmane dchue en pays chrtien. Ils firent halte en ce lieu pour retrouver un peu de repos et de fracheur au bord dun de ses oueds. Ces errants, hamlin, aprs un rve prmonitoire de leur matre Sidi Ayoub, dcidrent de rester en ce lieu quils nommrent partir de leur propre situation derrants. Ils fondrent donc El Hamel - lerrant -,et ses habitants, les anctres de sidi Mhad ben Belgacem, furent appels shorfa El Hamel.

    Cest donc un shrif par le sang, un mrabit. Il est de fait couronn de la dnomination de Sidi El Mrabit, qui lui confre un savoir temporel et spirituel. Ajoutons cela son affiliation lordre soufi de la rahmanya de laquelle il acquit un bagage spirituel des plus srs. Une double lgitimit tait ainsi accorde notre saint qui allait le doter de pouvoirs quil tait difficile de ne pas lui reconnatre. Ladministration coloniale elle-mme, hsitante au dbut, traitant ces marabouts de fanatiques, comprit rapidement quil tait plus judicieux de le mettre dans son camp. Elle renfora donc son pouvoir en lui accordant le statut de mdiateur privilgi entre elle et les tribus qui lui taient hostiles. Nous sommes en effet en pleine priode de rvoltes qui, dans ces rgions du Sud algrien, vont sintensifier pour connatre un pic en 1868 avec celle de Boubaghla puis, en 1871, avec celle de Mokrani qui en marquera la fin et consacrera linstallation dfinitive de la colonisation pour plus dun sicle. Sidi Mhammed ben Belgacem vita les pires ennuis aux tribus qui contriburent manifestement aux rvoltes, notamment celle des Ouled Nal. Une partie de la famille Mokrani qui ne fut pas dporte fut ainsi prise en charge par la zaoua et une rue leur fut affecte dans El Hamel.

    Cest dans cette atmosphre politico-religieuse des plus mouvementes de lhistoire de lAlgrie que va tre leve Lalla Zeineb, la fille unique de Sidi Mhamed ben Belgacem.

    Il sut trs tt quil devait llever dans la plus stricte ducation, pour lui permettre dassurer dignement sa succession. On sait que, trs petite, elle suivit son pre dans ses nombreux dplacements travers le pays pour tendre sa baraka et rendre visite ses fidles. Un des moqaddem de la zaoua assura son ducation coranique, lui apprit les rudiments de lcriture et linitia aux principes de la zaoua. A-t-elle rellement pu gravir les diffrentes hirarchies de lordre ? La question reste pose car nous navons pas pu avoir accs aux archives de la zaoua, disperses entre les hritiers dont chacun dtient une part, la gardant jalousement comme un butin.

    Quoi quil en soit, la mort de son pre, en 1897, elle neut dautre choix que de rpondre au vu du dfunt de prendre avec abngation la direction de la zaoua. On peut penser que le charisme de Sidi Mhad ben Belgacem tait tel quon ne pouvait quexaucer son voeu. Mais les enjeux taient de taille et cette nomination causa un trouble extrme, auprs de ladministration coloniale, en premier lieu, qui protesta contre cette nomination. En effet, toute nomination devant recevoir son aval pour tre excute, elle avana que le cheikh ne laissait point de testament crit. Cest en fait sur les cousins de Lalla, et notamment ceux qui avaient faits allgeance avec la zaoua rivale des Oulad Djellal, que le commandant Crochart, administrateur militaire de Bou-Sada, tablait. Le jeu de ladministration coloniale est bien connu : il sagissait de maintenir la balance dans le sens qui lui tait le plus favorable
    Il y avait galement un enjeu conomique : Lalla hritait dune importante fortune que les rapports des administrateurs passrent au peigne fin. En 1897, cette fortune slevait plus de 40 000 francs de lpoque, non compris les btiments de la zaoua. Elle se rpartissait en diffrents produits : un troupeau (5 000 frs), des cultures et labours (12 000 frs), des jardins (16 000 frs) et une des ziyara (plus de 3 500 frs). Sans oublier les bijoux en or et argent dont Eudel9, dans son bel ouvrage sur la garantie algrienne, nous offre quelques spcimens. Cette fortune, ladministration coloniale tenait la prserver car elle en tirait profit par limpt quelle exigeait chaque anne. Et ladministration navait pas confiance en Lalla
    Zeineb, une femme, lui prfrant la garantie dun homme, comme le cousin qui aspirait cette direction.
    Le pouvoir spirituel, dont elle hrita, tait tel que lon compta, en 1897, 164 moqaddem, ayant cr travers le pays 29 nouvelles zaouas affiles Elhamel o enseignaient 168 taleb 2 000 tudiants, et 43 000 personnes se dclarant adeptes de lordre.

    Des chiffres qui firent peur ladministration qui pensait au spectre de la dernire insurrection laquelle, sous la bannire de la confrrie rahmaniya, avait russi rassembler toutes les tribus pour le djihad, la guerre sainte, contre lennemi. Cette crainte tait justifie par le fait que les fils de Mokrani, Brahim et Mohammed Seghrir, vivaient depuis 1872 sous la protection de la zaoua. On dit mme quun des petits-fils tait lev par Lalla. Le rapport de ladministrateur remarquait qu ce petit-fils de Mokrani, elle destinait sa fortune et pourquoi pas la direction de la zaoua.

    Du ct des cousins, on prtendait quen tant que femme, elle ne pouvait accder au poste de moqaddem de la hirarchie de lordre, qui lui donnait droit la direction. On lui suggra dpouser le prtendant la direction. Ainsi lhonneur serait sauf, le futur mari soccuperait des affaires importantes tandis quelle aurait sa part de responsabilit mais resterait dans lombre comme il est dusage dans nos contres. Mais Lalla ne lentendait pas de cette oreille. Elle sattacha faire respecter le vu de son pre. De plus, elle se trouvait prte pour prendre de telles responsabilits et sy tait prpare. Ses partisans, et notamment la tribu des Ouled Nal dont sa mre tait issue, allaient ly aider en la soutenant sans frir.

    Elle-mme usa de son pouvoir spirituel, faisant appel au rve prmonitoire par lequel son pre laurait enjointe par trois fois : Je te dis ma fille aprs moi, cest toi et aprs toi, cest ton cousin .

    Lalla Zeineb avait lenvergure et le charisme de son pre. Le prestige religieux quelle exera dcoulait principalement de la vnration dont son pre avait t lobjet. Elle y ajouta sa part elle de gnrosit et surtout de bont et son inpuisable charit qui la rendirent populaire. Le commandant Crochard se dclara vaincu, finissant par reconnatre le pouvoir politique et spirituel de Lalla. Il notait ainsi dans un de ses rapports : En Zineb jai trouv une femme intelligente, trop prudente pour sengager de suite dans la voie des concessions, se tenant avec moi sur une grande rserve ; tous mes efforts enaceraient de se briser contre son grand dsir de ne rien cder son cousin La tradition orale affirme cependant que les cousins nauraient jamais admis cette situation et lauraient contrainte pouser lun dentre eux. Elle aurait fini par abdiquer, diton, et se serait vtue de ses plus beaux atours pour ses noces mais aurait exig que sa rencontre avec son futur poux se fasse dans le sanctuaire o reposait son pre. Elle tait dj affaiblie par la maladie lorsquelle aurait prit cette dcision et on dit quelle serait morte non dans les bras de son poux mais sur la tombe de son pre... Cette lgende confirme bien que la socit locale nadmettait que difficilement le pouvoir de cette femme, mme aurole de baraka. Ehna masalimine oua mktefin (nous lui sommes soumis, pieds et poings lis), dit la socit par la voix de cet adage pour composer avec cette anomalie sociale.

    Ce pouvoir avait un prix. Lalla renona aux joies et aux plaisirs de la vie. Son costume mme refltait son dvouement. Elle se prsentait ses convives et ses fidles sans le voile propre aux femmes du Sud. Habille en robe blanche et suffisamment ample, la tte ceinte du cheich, turban propre aux hommes, elle recevait, traitait ou ngociait avec les touristes de passage, ses fidles et les personnalits des tribus ou tout autre personne et leur accordait la baraka tout en grenant son chapelet avec srnit. De ce renoncement, elle confia tout son regret son amie Isabelle Eberhardt : Ma fille, jai tout donn toute ma vie pour faire le bien dans le sentier de Dieu ... Et les hommes ne reconnaissent pas le bien que je leur fais. Beaucoup me hassent et menvient. Et pourtant, jai renonc tout : je ne me suis jamais marie, je nai pas de famille, pas de joie

    Curieusement, le destin va unir ces deux femmes dans une mort trs proche : Isabelle, en pleine sant, mourut tragiquement le 21 octobre 1904, quelque mois aprs cette rencontre, dans la crue dun oued Ain Sefra, tandis que Lalla Zeineb ne tarda pas la rejoindre, succombant la maladie le 26 novembre 1905.


    chikh 20 2008 - 2:33 3
        
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    : suite    20 2008 - 2:25

    Sur llection du lieu, la lgende et lhistoire se relaient et se confondent pour nous donner une des plus belles histoires de fondation de cit musulmane : au commencement, au VIIIme sicle de lhgire (XVme), le saint, mrabit Ben Ayoub, venus avec ses compagnons de la saquiyat el Hamra aprs avoir t chasss dAndalousie, erraient dun lieu un autre pour diffuser la foi musulmane dchue en pays chrtien. Ils firent halte en ce lieu pour retrouver un peu de repos et de fracheur au bord dun de ses oueds. Ces errants, hamlin, aprs un rve prmonitoire de leur matre Sidi Ayoub, dcidrent de rester en ce lieu quils nommrent partir de leur propre situation derrants. Ils fondrent donc El Hamel - lerrant -,et ses habitants, les anctres de sidi Mhad ben Belgacem, furent appels shorfa El Hamel.

    Cest donc un shrif par le sang, un mrabit. Il est de fait couronn de la dnomination de Sidi El Mrabit, qui lui confre un savoir temporel et spirituel. Ajoutons cela son affiliation lordre soufi de la rahmanya de laquelle il acquit un bagage spirituel des plus srs. Une double lgitimit tait ainsi accorde notre saint qui allait le doter de pouvoirs quil tait difficile de ne pas lui reconnatre. Ladministration coloniale elle-mme, hsitante au dbut, traitant ces marabouts de fanatiques, comprit rapidement quil tait plus judicieux de le mettre dans son camp. Elle renfora donc son pouvoir en lui accordant le statut de mdiateur privilgi entre elle et les tribus qui lui taient hostiles. Nous sommes en effet en pleine priode de rvoltes qui, dans ces rgions du Sud algrien, vont sintensifier pour connatre un pic en 1868 avec celle de Boubaghla puis, en 1871, avec celle de Mokrani qui en marquera la fin et consacrera linstallation dfinitive de la colonisation pour plus dun sicle. Sidi Mhammed ben Belgacem vita les pires ennuis aux tribus qui contriburent manifestement aux rvoltes, notamment celle des Ouled Nal. Une partie de la famille Mokrani qui ne fut pas dporte fut ainsi prise en charge par la zaoua et une rue leur fut affecte dans El Hamel.

    Cest dans cette atmosphre politico-religieuse des plus mouvementes de lhistoire de lAlgrie que va tre leve Lalla Zeineb, la fille unique de Sidi Mhamed ben Belgacem.

    Il sut trs tt quil devait llever dans la plus stricte ducation, pour lui permettre dassurer dignement sa succession. On sait que, trs petite, elle suivit son pre dans ses nombreux dplacements travers le pays pour tendre sa baraka et rendre visite ses fidles. Un des moqaddem de la zaoua assura son ducation coranique, lui apprit les rudiments de lcriture et linitia aux principes de la zaoua. A-t-elle rellement pu gravir les diffrentes hirarchies de lordre ? La question reste pose car nous navons pas pu avoir accs aux archives de la zaoua, disperses entre les hritiers dont chacun dtient une part, la gardant jalousement comme un butin.

    Quoi quil en soit, la mort de son pre, en 1897, elle neut dautre choix que de rpondre au vu du dfunt de prendre avec abngation la direction de la zaoua. On peut penser que le charisme de Sidi Mhad ben Belgacem tait tel quon ne pouvait quexaucer son voeu. Mais les enjeux taient de taille et cette nomination causa un trouble extrme, auprs de ladministration coloniale, en premier lieu, qui protesta contre cette nomination. En effet, toute nomination devant recevoir son aval pour tre excute, elle avana que le cheikh ne laissait point de testament crit. Cest en fait sur les cousins de Lalla, et notamment ceux qui avaient faits allgeance avec la zaoua rivale des Oulad Djellal, que le commandant Crochart, administrateur militaire de Bou-Sada, tablait. Le jeu de ladministration coloniale est bien connu : il sagissait de maintenir la balance dans le sens qui lui tait le plus favorable
    Il y avait galement un enjeu conomique : Lalla hritait dune importante fortune que les rapports des administrateurs passrent au peigne fin. En 1897, cette fortune slevait plus de 40 000 francs de lpoque, non compris les btiments de la zaoua. Elle se rpartissait en diffrents produits : un troupeau (5 000 frs), des cultures et labours (12 000 frs), des jardins (16 000 frs) et une des ziyara (plus de 3 500 frs). Sans oublier les bijoux en or et argent dont Eudel9, dans son bel ouvrage sur la garantie algrienne, nous offre quelques spcimens. Cette fortune, ladministration coloniale tenait la prserver car elle en tirait profit par limpt quelle exigeait chaque anne. Et ladministration navait pas confiance en Lalla
    Zeineb, une femme, lui prfrant la garantie dun homme, comme le cousin qui aspirait cette direction.
    Le pouvoir spirituel, dont elle hrita, tait tel que lon compta, en 1897, 164 moqaddem, ayant cr travers le pays 29 nouvelles zaouas affiles Elhamel o enseignaient 168 taleb 2 000 tudiants, et 43 000 personnes se dclarant adeptes de lordre.

    Des chiffres qui firent peur ladministration qui pensait au spectre de la dernire insurrection laquelle, sous la bannire de la confrrie rahmaniya, avait russi rassembler toutes les tribus pour le djihad, la guerre sainte, contre lennemi. Cette crainte tait justifie par le fait que les fils de Mokrani, Brahim et Mohammed Seghrir, vivaient depuis 1872 sous la protection de la zaoua. On dit mme quun des petits-fils tait lev par Lalla. Le rapport de ladministrateur remarquait qu ce petit-fils de Mokrani, elle destinait sa fortune et pourquoi pas la direction de la zaoua.

    Du ct des cousins, on prtendait quen tant que femme, elle ne pouvait accder au poste de moqaddem de la hirarchie de lordre, qui lui donnait droit la direction. On lui suggra dpouser le prtendant la direction. Ainsi lhonneur serait sauf, le futur mari soccuperait des affaires importantes tandis quelle aurait sa part de responsabilit mais resterait dans lombre comme il est dusage dans nos contres. Mais Lalla ne lentendait pas de cette oreille. Elle sattacha faire respecter le vu de son pre. De plus, elle se trouvait prte pour prendre de telles responsabilits et sy tait prpare. Ses partisans, et notamment la tribu des Ouled Nal dont sa mre tait issue, allaient ly aider en la soutenant sans frir.

    Elle-mme usa de son pouvoir spirituel, faisant appel au rve prmonitoire par lequel son pre laurait enjointe par trois fois : Je te dis ma fille aprs moi, cest toi et aprs toi, cest ton cousin .

    Lalla Zeineb avait lenvergure et le charisme de son pre. Le prestige religieux quelle exera dcoulait principalement de la vnration dont son pre avait t lobjet. Elle y ajouta sa part elle de gnrosit et surtout de bont et son inpuisable charit qui la rendirent populaire. Le commandant Crochard se dclara vaincu, finissant par reconnatre le pouvoir politique et spirituel de Lalla. Il notait ainsi dans un de ses rapports : En Zineb jai trouv une femme intelligente, trop prudente pour sengager de suite dans la voie des concessions, se tenant avec moi sur une grande rserve ; tous mes efforts enaceraient de se briser contre son grand dsir de ne rien cder son cousin La tradition orale affirme cependant que les cousins nauraient jamais admis cette situation et lauraient contrainte pouser lun dentre eux. Elle aurait fini par abdiquer, diton, et se serait vtue de ses plus beaux atours pour ses noces mais aurait exig que sa rencontre avec son futur poux se fasse dans le sanctuaire o reposait son pre. Elle tait dj affaiblie par la maladie lorsquelle aurait prit cette dcision et on dit quelle serait morte non dans les bras de son poux mais sur la tombe de son pre... Cette lgende confirme bien que la socit locale nadmettait que difficilement le pouvoir de cette femme, mme aurole de baraka. Ehna masalimine oua mktefin (nous lui sommes soumis, pieds et poings lis), dit la socit par la voix de cet adage pour composer avec cette anomalie sociale.

    Ce pouvoir avait un prix. Lalla renona aux joies et aux plaisirs de la vie. Son costume mme refltait son dvouement. Elle se prsentait ses convives et ses fidles sans le voile propre aux femmes du Sud. Habille en robe blanche et suffisamment ample, la tte ceinte du cheich, turban propre aux hommes, elle recevait, traitait ou ngociait avec les touristes de passage, ses fidles et les personnalits des tribus ou tout autre personne et leur accordait la baraka tout en grenant son chapelet avec srnit. De ce renoncement, elle confia tout son regret son amie Isabelle Eberhardt : Ma fille, jai tout donn toute ma vie pour faire le bien dans le sentier de Dieu ... Et les hommes ne reconnaissent pas le bien que je leur fais. Beaucoup me hassent et menvient. Et pourtant, jai renonc tout : je ne me suis jamais marie, je nai pas de famille, pas de joie

    Curieusement, le destin va unir ces deux femmes dans une mort trs proche : Isabelle, en pleine sant, mourut tragiquement le 21 octobre 1904, quelque mois aprs cette rencontre, dans la crue dun oued Ain Sefra, tandis que Lalla Zeineb ne tarda pas la rejoindre, succombant la maladie le 26 novembre 1905.
        
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    : 11/04/2008

    : suite ...et fin.    20 2008 - 2:28

    Conclusion
    Lhistoriographie algrienne occulte ce personnage, tout comme elle le fait de son pre, le fondateur de la zaoua rahmaniya de Bou-Sada. Bien que sans procs formel, cette zaoua fut trs tt frappe dostracisme, taxe de collaboration avec ladministration coloniale, marque en outre du sceau de son appartenance au maraboutisme, dit obscurantiste.

    Cette historiographie ne retiendra que certaines confrries dont elle a inscrit par ailleurs les fondateurs dans le mouvement de rsistance paysanne, les dpouillant de toute densit doctrinale. Le terme confrrie et tariqa disparat dailleurs ds lors quon voque les grandes insurrections mens par des cheikhs, nous dit Salhi Mohamed Brahim.

    Cest ainsi que lon va inscrire lEmir Abdelkader, El Mokrani et Boubaghla, comme figures emblmatiques de la rsistance algrienne. Une seule femme va merger dans ce panthon rserv aux hommes : Lalla Fatma Nsoumer. Fille et femme dune famille maraboutique de Kabylie, la zaoua rahmaniya, elle souleva son village contre les troupes franaises. Larme eut raison delle et Fatma Nsoumer fut tue les armes la main. L encore, ce nest que par la preuve, bien tardivement, quelle est reconnue et inscrite au registre des martyrs. Mais son origine maraboutique est compltement occulte.

    Aujourdhui, la rminiscence de cette dimension du religieux et sa prise en charge par le pouvoir politique, partielle et oriente, ne doit toutefois pas occulter le fait que la croyance populaire, notamment parmi les femmes, ne sest, quant elle, jamais totalement loigne des pratiques dites extatiques et du culte des saints. Comme le dit Sossie Andzian, loin dtre enfouis dans les mmoires, les saints sont sans cesse sollicits pour rpondre de nouveaux besoins



    Extrait /Colloque Expriences et mmoire : partager en franais la diversit du monde
    Bucarest, septembre 2006

    Barkahoum Ferhati est docteure en Histoire et Civilisations (EHESS, Paris). Elle est Matre de recherche au CNRPAH, centre national de recherche prhistorique, anthropologique et historique, Alger. Elle est galement chercheure associe au CHIMM/EHESS, Paris, et professeure associe lÉcole des Beaux-Arts dAlger. Elle est lauteure de plusieurs articles et de deux ouvrages : De la tolrance en Algrie. Enjeux en soubassement (1830-1962), Alger, Dar el Othmania, 2007 ; Le muse Étienne Dinet de Bou-Sada. Gense, Alger, INAS, 2004. Aujourdhui, elle mne une recherche autour des femmes entre le Soudan et lAlgrie
        
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    Les femmes algriennes soufies : Une mmoire dans loubli
              
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